www.ramifications.be (15 juillet 2005)
La flûte traversière trouve
dans le clavicorde un allié de choix qui respecte la tendresse et la
délicatesse de ses sonorités sans jamais l'étouffer ni
s'y heurter. En effet, nous explique Miklos Spanyi, soliste à l'orgue,
au clavecin, au clavicorde, au pianoforte ou au piano à tangentes (par
ailleurs continuiste et chef de nombreux ensembles), le son du clavicorde est
plus faible encore que celui du pianoforte, mais son vibrato soutient davantage
le son. N'était-ce pas, selon Forkel, l'instrument préféré
de Jean-Sébastien Bach, pour lequel il écrivit Le Clavier bien
tempéré ? La douceur des variations colorées et la
rondeur des sons du clavicorde et du pianoforte de Spanyi se marient avec souplesse
au raffinement de la flûte traversière de Benedek Csalog, sensible
et légère.
Ces quatre sonates de Bach, lumineuses et joyeuses, nous promènent en
d'aériens paysages, clairs et joyeux, d'une transparence vaporeuse, subtilement
voilée. Peut-être cependant l'inépuisable suavité
des interprètes manque-t-elle ici de piquant, d'un mordant qui réveille
et, par contraste, saisisse la vivacité de ces pièces agiles et
gracieuses.
Isabelle Françaix