Le Monde de la Musique n° 310 (Juin 2006)
4 ÉTOILES
Né à Vienne, Anton Eberl
effectua en 1795 une tournée avec Constance, la veuve de son maître
Mozart. Il partagea ensuite sa carrière entre Vienne, l'Allemagne et
la Russie, où il organisa les premières exécutions de La
Création de Haydn. Comme symphoniste, il fut placé au même
rang ou presque que Beethoven lors des premières auditions de l'Héroïque.
Bon pianiste, il laissa une cinquantaine de numéros d'opus, pour la plupart
postérieurs à 1800, la musique de chambre occupant une place de
choix. Ses trois symphonies ont été enregistrées par le
Concerto Köln chez Teldec, et l'on dispose aussi de ses Trios opp. 8
et 10, ainsi que de sa Sonate pour piano-forte op. 39, par
le Trio Pleyel de Saint-Pétersbourg (Christophorus).
On retrouve ici le Trio en si bémol majeur op. 10 n° 2,
mais dans une version pour clarinette et non pour violon. La partie de basse
(de violoncelle) y est ad libitum, mais non superflue. Le Trio en
mi bémol majeur op. 36, le dernier et le plus important ouvrage de
chambre d'Eberl, peut lui aussi être joué au violon ou à
la clarinette. Il paraît ici en première mondiale. C'est également
le cas du Quintette en sol mineur op. 41, publié quelques mois
après la mort du compositeur, où deux altos viennent s'ajouter
à la formation du « trio ». Un critique en fit
alors un très bel éloge. Parmi les pages nées dans l'ombre
de Beethoven, celles-ci comptent effectivement parmi les meilleures. Elles bénéficient
d'interprétations de haut vol enrichissant opportunément la discographie.
Marc Vignal