Le Monde de la Musique n° 328 (Février 2008)
4 ÉTOILES
Ne vous laissez pas décourager par
cette kyrielle de pièces et d'auteurs
identifiés ou anonymes. Ce disque n'est pas un fourre-tout. Au contraire,
c'est un joyeux et agile agencement d'expériences abouties autour de
la flûte traversière (et non pas à bec).
La recette concoctée par Kate Clark et ses amis tient en trois ingrédients.
Prenez des flûtistes formés à La Haye auprès de Wilbert
Hazelzet et de Barthold Kuijken. Ajoutez un lien passionnel avec la facture
instrumentale (combien de pianistes savent, comme Arturo Benedetti Michelangeli,
démonter leur piano ?). Terminez avec un dépassement du texte
par d'habiles pratiques semi-improvisatoires
qu'elles émanent des musiciens ou s'inspirent de divers traités
de diminutions et avec la palette sonore
enrichie qu'apportent deux fringuants instrumentistes à cordes pincées.
Ce disque vérifie les propos tenus par Silvestro Ganassi en 1535 dans
un de ses traités, et au terme desquels le flûtiste averti vise
à ce qu'« il ne manque rien si ce n'est la forme du corps
humain lui-même ». Pari gagné !
Frank Langlois