Le Magasine de l'Orgue n° 85 (4e trimestre 2005)
Il y a dans ce CD de nombreux moments d'une
ineffable beauté, aussi bien dans cette registration magnifique du plein-jeu
avec la pédale d'anches, que dans des versets dont le solo, joué
sur un Principal se détachant à peine de l'accompagnement, chante
tout en requérant de l'auditeur un léger effort pour le percevoir.
J'ai à plusieurs reprises évoqué le sentiment de paix,
tant cet organiste est capable d'affirmer à la fois avec gravité
et simplicité le discours somptueux de Praetorius.
L'audition de l'entièreté du CD fait apparaître que cette
attitude, systématisée, commence à ressembler un peu trop
à un procédé. Le choix de tempi extrêmement
large est souvent judicieux. Mais se justifie-t-il quand on ne concède
à ce principe rigoureusement aucune exception? Dans le même ordre
d'idées, quand on pratique une battue aussi large, ne convient-il pas
de mieux veiller à la continuité des lignes mélodiques
en particulier dans le cantus firmus pour éviter
que la mélodie soit comprise comme une succession de points? Il n'en
reste pas moins que l'audition de ce CD est cause de bien des plaisirs car l'orgue
et la musique de Praetorius sont vraiment magnifiques!
Jean Ferrard