La Libre Belgique (17 décembre 2008)
Même pour ceux qui connaissent la figure de Giovanni Bononcini (1670-1747), « San Nicola di Bari » représente une extraordinaire découverte: exhumé en 2003, cet oratorio attira bientôt l’attention de Peter Van Heyghen qui, à la tête de l’ensemble bruxellois Les Muffatti, en offre aujourd’hui une version dont la valeur laisse espérer une suite, l’œuvre vocale de Bononcini étant encore largement méconnue.Bononcini dépeint un épisode de la jeunesse de Saint Nicolas où apparaissent ses parents, Giovanna et Epifanio, et un alter ego, Clizio, face noire du futur saint, impliqués tous les quatre dans un authentique processus cathartique. La distribution vocale, entièrement italienne, autant que l’effectif instrumental, servent une partition débordante d’invention et de vitalité, riche de références littéraires, où chaque rôle est habilement caractérisé, où les récitatifs collent au texte, où les airs mêlent le pouvoir de la voix et celui des instruments solistes. Cadeau.
Martine Dumont-Mergeay