www.ledevoir.com (19 décembre 2008)
Ce n'est pas une blague, mais l'éditeur nous annonce que Pez est « un champion, comme Georg Muffat, du Vermischter Geschmack », c'est-à-dire des « goûts variés ». Pour un peu on dirait une description de bonbons! En fait, dans le cas de ce Pez-là, on entend par « goûts variés » la synthèse des goûts italiens et français. On a même accusé Pez de n'être qu'un vil imitateur de Lully. Le CD préparé avec soin par Peter Van Heyghen vient largement infirmer ces soupçons. Il y a, certes, de l'inspiration française dans ce disque, mais on y perçoit aussi, dans la Musique de table, des échos de ce qui pourrait ressembler à du jeune Haendel. Avant tout, Pez n'est pas un vil imitateur. Ce qu'on entend dans ces partitions manuscrites, redécouvertes par Van Heyghen à Rostock et Dresde, est inspiré et enlevant. On ajoutera à cela que la mise en forme du disque est variée, avec ouvertures (plutôt françaises) et sonates ou concertos (plutôt italiens). Van Heyghen est à Pez ce que Geneviève Soly est à Graupner et le sujet de leur passion est aussi intéressant l'un que l'autre.