www.ledevoir.com (13 août 2005)

Contrairement au CD précédent, celui-ci est une nouveauté, qui plus est d'une nouvelle étiquette, Ramée. Il met au catalogue un répertoire encore trop méconnu : la musique baroque française pour violon, en l'occurrence celle de Jean-Marie Leclair, né en 1696 à Lyon et mort assassiné en 1764. Point commun avec le disque Schein de Philippe Herreweghe : l'esprit de finesse développé au plus haut degré par un interprète expert en la matière. Luis Otavio Santos n'est pas connu du public, mais il œuvre depuis plus de dix ans comme Konzertmeister de La Petite Bande, l'orchestre de Sigiswald Kuijken, qu'il assiste au Conservatoire de Bruxelles. On retrouve fréquemment Santos à la tête de la section de violons de divers orchestres baroques néerlandais. Le voici en solo... heureusement. La beauté de sa sonorité, la sûreté de son intonation, la justesse d'un style où rien n'est jamais précipité ou démonstratif séduisent autant que le parfait dosage de la basse continue. Mais le raffinement suprême, on le trouve dans ces subtiles inflexions des fins de phrase, dans cette manière de relancer le discours tout en souplesse en flattant l'italianità du langage de Leclair. Tout cela est du grand art et attire judicieusement l'attention sur un répertoire négligé.

Christophe Huss