Goldberg n° 39 (Avril 2006)
5 ÉTOILES 
L'Italien Antonio
Caldara (1970-1736) fut un compositeur prolifique mais d'une qualité
irrégulière, dont il reste environ 3500 uvres, d'autres
ayant été perdues. La plupart de ses uvres sont des pièces
instrumentales mais sa production comprend également un grand nombre
de cantates profanes, d'oratorios et d'opéras.
Caldara était Maître de chapelle du duc de Mantoue. En 1705, il
part à Rome. Il entre alors en contact avec le prétendant à
la couronne d'Espagne, Charles, frère de l'empereur Joseph auquel il
succède en 1711. En 1716, Caldara devient son maître de chapelle
et part vivre à Vienne.
Si on doit à Caldara le premier opéra italien qui ait été
produit en Espagne, Il piu bel nome (Barcelone 1708), écrit pour
le mariage du prétendant avec Isabelle de Brunswick-Lunebourg, on lui
doit aussi la compositions de plusieurs uvres pour pantaléon,
un instrument qui ressemble au psaltérion mais en plus grand. Le principal
intérêt de ce CD est d'avoir retrouvé le rôle d'un
instrument dont l'usage est très limité et les caractéristiques
incertaines, instrument auquel on a confié ici la basse continue de certaines
arias et des récitatifs du répertoire interprété
: trois cantates et deux arias de chacun des deux oratorios auxquels s'ajoutent
une symphonie et une sonate pour violoncelle. Le résultat esthétique
est réellement surprenant.
Cette proposition assez inhabituelle est rendue encore plus intéressante
par l'interprétation brillante d'un ensemble jeune, qui ne pouvait mieux
commencer son parcours.
Maricarmen Gómez