Diapason n° 558 (Mai 2008)
5 DIAPASONS

On peut faire beaucoup de choses des trois sonates pour
viole de Bach, expérimenter toutes les combinaisons, le violon remplaçant
par exemple la main droite du clavier, la main gauche devenant le socle d'un
continuo réalisé, etc. Le résultat est très convaincant
dans la BWV 1027 où l'archet de Mieneke van der Velden répond
au violon superbe de François Fernandez, tandis que la viole dialogue
plus traditionnellement avec un clavecin dans la BWV 1029 et un orgue
dans la BWV 1028 (choix qui ne profite guère aux mouvements rapides).
On apprécie dans tout l'album la plénitude d'une lecture sobre
et maîtrisée, qui séduit par sa dynamique apaisée
et son chant mené avec charme.
On pourra préférer la vigueur virtuose du Rare Fruit Council (en
trio, chez Astrée) ou la complicité subtile de la basse de viole
de Mikko Perkola et du clavecin d'Apo Häkkinen chez Naxos. Mais qu'on ne
craigne pas de retrouver chez Mieneke van der Velden et son Armonia Sonora la
morne plaine de ces versions mécaniques qui lassent vite l'auditeur :
peu d'audace peut-être, des contrastes retenus, mais une régularité
intense, hypnotique. Un Bach mené dans un souffle, à écouter
en boucle, la nuit.
Harold Lopparelli