Diapason n° 527 (Juillet-Août 2005)

4 DIAPASONS

On admet volontiers que la facture instrumentale et les goûts musicaux aient pu suivre des voies plus aventureuses, des croisements plus hasardeux qu'une simple évolution de type Darwinien. Le pianoforte (plus ancien qu'on ne le pense) peut ainsi colorer un contrepoint plus attendu au clavecin, le clavecin rendre à merveille certaines sonates classiques, et le clavicorde trouver sa place en musique de chambre (Carl Philipp Emanuel Bach le note).
Chez le jeune label RAMÉE, Spanyi et Csalog ont trouvé les conditions idéales pour défendre un tel projet; l'enregistrement rend compte de façon bluffante d'une acoustique assez réduite et chaleureuse qui mêle les instruments et invite l'auditeur à goûter des tempos inhabituellement détendus, mais tout à fait convaincants. La Sonate en mi majeur cesse enfin de trépigner sur les pointes d'un Allegro assai qui hésite presque toujours entre bravoure préclassique et morceau de concours d'entrée au CNSM, le Largo e dolce de la Sonate en la majeur se prélasse dans un petit matin ensoleillé et oublie son sempiternel sourire de Joconde.

Philippe Ramin