Diapason n° 524 (Avril 2005)
5 DIAPASONS
N'en déplaise aux normes européennes, toute
la tuyauterie est en plomb à Tangermünde, église St. Stephan,
orgue Scherer (1624)/Schuke (1994). Cela donne une sonorité plantureuse,
veloutée, riche en fonds, gourmande en somme. Seul grand Scherer encore
en état à nous être parvenu de cette époque. Après
Sweelinck, Steigleder, Murschhauser, Kerll et Valentini, Léon Berben
exhibe Jacob II Praetorius, petit fils de Jacob I, fils de Hieronymus, frère
de Johannes cette dynastie Praetorius n'a rien de commun avec celle de
Michael, sauf le nom (Praetorius : latinisation de Schultz).
Le jeu de Berben est toujours aussi scrupuleux, le premier Magnificat
en est l'exemple quasi parfait. Juste ce qu'il faut de majesté en forçant
quelques fois sur les basses. Jeu paisible aussi, propre, sans débordements
de mauvais aloi : les deux chorals prennent quelques couleurs dans les dessus.
Les Preambulum laissent fuser un peu d'exubérance, mais pas trop.
Pierre Dano