Classica n° 112 (mai 2009)

4 ÉTOILES       Classica, 9 de Répertoire

Élève du compositeur et violoniste Giuseppe Tartini, Joseph Touchemoulin fut l’un des rares musiciens francais du XVIIIe siècle à s’être expatrié, en l’occurence à Ratisbonne. Il dispose là d’un orchestre de tout premier plan, au sein duquel se côtoient d’excellents virtuoses, lui permettant de composer des partitions ambitieuses sur le plan technique. Rares sont celles qui nous sont parvenues et il faut saluer l’initiative de Patrick Ayrton d’en avoir exhumé un florilège révélateur des multiples facettes de son art. L’influence de l’École de Mannheim et le souffle de l’Empfindsamkeit planent sur les mouvements vifs des deux Symphonies opus 1, caractéristiques soulignées par la souplesse de la direction du chef britannique et par le raffinement de la palette de timbres colorés de l’ensemble Les Inventions. Le lyrisme tartinien est exalté dans des andante aux lignes mélodiques d’une rare souplesse. La fibre italienne est également au cœur du Concerto pour violon superbement servi par Daniel Sepec, lequel n’hésite pas à nous gratifier de traits violonistiques vivaldiens que viennent tempérer les étonnantes irruptions de teintes mordorées des cors naturels. En dépit d’une belle palette orchestrale et des multiples dialogues facétieux entre les flûtes et le soliste, le Concerto pour clavecin apparaît cependant moins original et un peu indolent. Mais cette indolence est balayée par les facéties qui parsèment le Concerto pour flûte, interprété magistralement au traverso par l’excellent Alexis Kossenko, ici en grande forme.

Jean-Noël Coucoureux